Service public, le paradoxe français


Une gestion locale des services publics plébiscitée

D’après l’étude Ipsos publiée le 30 octobre dernier et intitulée « Les Français et le service public local » pour l’Association des Administrateurs Territoriaux de France, les Français font plus confiance aux collectivités locales (81%) qu’à l’État (19%) pour organiser les services publics là où ils habitent.
Ils sont d’ailleurs plutôt satisfaits en tant qu’usagers des services publics. A noter cependant que près d’un Français sur cinq est insatisfait et qu’ils sont 43% à considérer que la qualité des services publics se détériore au fil du temps.
Mais un Français sur deux considère que les collectivités locales ne pourront pas remplir leurs nouvelles missions et maintenir le même niveau de prestations sans augmenter les tarifs ou augmenter les impôts locaux


Le paradoxe du service public

Pour financer l’action des collectivités locales, la majorité des Français (62%) estiment qu’il faut conserver le financement par l’impôt plutôt qu’adopter un financement par une facturation aux usagers.
D’ailleurs, les Français plébiscitaient la gratuité de certains services publics, financée par l’État (et donc l’impôt) dans l’étude « Les Français, leur maire et l’élection municipale 2020 – OpinionWay pour UNCCAS » publiée en septembre dernier.
Or, dans cette même étude, les Français indiquaient que le poids de la fiscalité locale et les impôts allaient être leur principal critère de choix de vote pour les prochaines élections municipales.

Concernant les enjeux, les Français considèrent qu’il faut augmenter principalement les dépenses des collectivités locales dans :
–        les dispositifs d’économie d’énergie et de transition énergétique (58%),
–        les pompiers (58%),
–        les crèches et l’accueil de la petite enfance (52%),
–        la construction et l’entretien des écoles, collèges et lycées (49%)
A noter que la police municipale n’arrive qu’en septième position de ce classement avec 42% et le développement économique en dixième position avec 34%.

Ce classement est en partie incohérent avec leurs déclarations sur les priorités des futurs maires dans le cadre de l’observatoire 2019 des territoires Odoxa pour France Info qui mettaient en avant :
–        La sécurité des biens et des personnes (46%)
–        L’environnement et la lutte contre la pollution (36%)
–        Le développement économique et local (35%)
Les établissements scolaires n’arrivaient qu’en neuvième position de ce classement avec 17%.

Ainsi, les Français attendent un renforcement de la sécurité des biens et des personnes, mais sans donner de moyen supplémentaire à la police municipale. De même, ils mettent la priorité sur le développement économique, mais sans y mettre les moyens. A l’inverse, ils ne considèrent pas les établissements scolaires comme prioritaires, mais souhaitent que les dépenses des collectivités locales augmentent dans ce domaine.

Seuls l’environnement et la lutte contre la pollution échappent à ce paradoxe. Les Français en font une priorité et veulent voir plus de dépenses publiques dans ce sens.